samedi 4 mars 2017

Du sang dans les tomates

 

J'ai lu une série de livres que j'ai adorée. C'est une saga paramédiévale en quatre tomes, dévoilant peu à peu une légère teinte de science-fiction, à mesure que le récit avance.

Le Livre de Cendres, de Mary Gentle :
I – La guerrière oubliée
II – La puissance de Carthage
III – Les Machines sauvages
IV – La dispersion des ténèbres

Ce qui m'a frappé, dans ce roman, c'est l'extrême intelligence de son auteure. L'histoire, atypique, mêle réalisme historique (champs de bataille et vie militaire y sont décrits de façon riche et palpitante), un merveilleux subtil, à la frontière du réel, et l'introduction progressive d'éléments SF tellement plausibles que Michael Crichton ne les aurait pas reniés. Je pense notamment à son Prisonniers du temps, une expérience de téléportation quantique qui a mal tourné.

Bref, avec Le Livre de Cendres, je me suis laissé emporter dans un tourbillon épique saisissant, émaillé d'un humour agréable et chaleureux, notamment lors des échanges entre l'auteur fictif du "Livre de Cendres" (un manuscrit médiéval) et son éditrice, sorte de trompe-l'œil où un deuxième écrivain, "l'auteur originel" de l'histoire, est aussi un personnage du récit. Cela faisait longtemps qu'un roman ne m'avait pas autant passionné.

vendredi 1 juillet 2016

Tout le monde doit mourir… ou pas


Valar morghulis, "Tout le monde doit mourir", est la devise des assassins "Sans-visage", dans la saga livresque Le Trône de fer, de George RR Martin, devenue la série télévisée Game of Thrones (Le jeu des trônes).

Il y a quelques années, je lisais Le Trône de fer.

C'était bien avant que le grand public du petit écran s'y intéresse. À cette époque, la fantasy était encore considérée par beaucoup comme un genre littéraire mineur, réservé au geeks, aux enfants ou à ces "adultes" ayant  conservé une âme d'enfant. D'aucuns diraient "immatures".

Quoique… avec le Trône de fer, on s'éloignait beaucoup du monde merveilleux de l'enfance pour naviguer dans celui, plus sombre, plus brutal, plus effrayant, des adultes.

Trahisons et meurtres à foison, tortures, viols, inceste… George RR Martin menait sa barque de l'enfer sur un flot de sang et de souffrance.

Si le message du Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien était l'espoir, l'auteur du Trône de fer s'acharnait à me prouver que je devais y renoncer peu à peu, mort après mort de mes personnages préférés.

dimanche 26 juin 2016

Liberté d'esprit


Nous parlions avec une auteure de garder un esprit libre, indépendant, rebelle à la solidité du monde, et de cultiver l'attitude qui consiste à "désobéir à la réalité", par exemple en imaginant de l'eau qui coule de bas en haut. D'abord goutte à goutte, jusqu'à obtenir un filet continu, puis une cascade inversée rugissante.

Ce type d'exercice constitue un bon entraînement pour développer l'imagination, outil essentiel de l'écrivain.

On pourrait concevoir d'autres exercices, pour libérer son imagination des contraintes réalistes. En plus d'ouvrir l'esprit à d'autres horizons littéraires, ceux-ci pourraient s'avérer thérapeutiques pour le moral.

Imaginez une vie différente…

Alors que, jusqu'à présent,  c'était les autres, la nécessité, le fleuve boueux des médias, le mouvement inexorable du troupeau, les obligations matérielles qui dictaient le scénario de votre existence, décidez que vous allez introduire un nouvel élément dans l'intrigue.

Un personnage inattendu…

De nouvelles possibilités…

Tout semblait désespéré, lorsqu'un évènement survint qui changea la donne.

Oui, mais la triste réalité…

RÉÉCRIVEZ-LA !

vendredi 31 juillet 2015

Question de point de vue

Mi-ange, mi-succube dans un pentacle

Aujourd’hui, c’était la pire journée que j’ai jamais eue

Alors n’essayez pas de me convaincre que

Il y a du bon dans chaque journée,

Parce que, lorsque vous regardez plus attentivement,

Ce monde est un endroit plutôt moche,

Même si

Un peu de bonté brille vraiment de temps à autre,

La satisfaction et le bonheur ne durent pas,

Et ce n’est pas vrai que

Tout repose sur l’esprit et le cœur,

Parce que

Le vrai bonheur peut être atteint

Uniquement si l’on vit dans un bon environnement,

Ce n’est pas vrai qu’il y a du bon en ce monde

Je suis sûr que vous êtes d’accord avec moi,

La réalité

Crée

Mon attitude

Tout est hors de mon contrôle,

Et jamais, à aucun moment, vous ne m’entendrez dire que

Aujourd’hui était une bonne journée

Maintenant, lisez de bas en haut.

mercredi 1 juillet 2015

Les lettres de 1929 – Juillet à Décembre, d'HP Lovecraft

Paysage en feu après le passage d'un Grand Ancien

Un collègue écrivain m'a écrit pour me demander si c'était bien moi qui avais traduit Les Lettres de 1929 – Juillet à Décembre, d'Howard Phillips Lovecraft.

Je plaide coupable.

Cet auteur, Jean-Sébastien Guillermou, a d'ailleurs rédigé une critique du livre qui m'a surpris par sa pertinence.

Si je devais ne retenir qu'un seul passage de cette correspondance du maître de l'horreur, ce serait celui-ci :
Qu’est-ce que ça peut bien nous faire de savoir quoi que ce soit sur quoi que ce soit, aussi longtemps que nous puissions nous divertir. Si nous pouvons le faire avec joie, nous pouvons aussi bien croire au Père Noël, en Dieu, à la lune faite de fromage frais, aux fées, aux sorcières, aux forces du bien et du mal, aux licornes, aux fantômes, à l’immortalité, aux Mille et Une Nuits, à la terre plate, etc., que d’apprendre la vérité sur l’univers et ses flux et modèles d’énergie éternels qui se font et se défont tour à tour. La vérité ne devient seulement importante que lorsqu’elle est nécessaire pour faire régner notre satisfaction émotionnelle. La satisfaction émotionnelle est la chose qui prime tout le reste ; et la meilleure des personnes est celle qui peut créer la chose qui apporte le plus de satisfaction émotionnelle, qu’elle ait ou non un quelconque rapport avec la vérité ou les prophéties. Dans l’ensemble, je pense que la beauté est plus souvent agréable que la vérité ; si bien que le poète et l’artiste sont vraiment placés au-dessus des scientifiques et des philosophes, d’une façon ou d’une autre, dans une culture saine et raffinée.

Lettres de 1929 – Juillet à Décembre, Howard Phillips Lovecraft
Pour ma part, je crois au Père Noël, en Dieu, à la lune faite de fromage frais, aux fées, aux sorcières, aux forces du bien et du mal, aux licornes, aux fantômes, à l’immortalité, aux Mille et Une Nuits, à la terre plate, aux monstres sous le lit et à ceux dans le placard, aux esprits de l'air, du feu, de l'eau et de la terre, aux anges et aux démons et à bien plus encore…

Pire que cela, je crois que c'est le fait d'y croire qui les fait exister, et qu'il ne faudrait rien de plus qu'une horde de crédules dans mon genre afin de ramener tous ces êtres à la vie, pour notre plus grande satisfaction émotionnelle.

Les lettres de 1929 – Juillet à Décembre, existent en format papier au éditions Lyre Press

http://www.lyre-audio.com/catalogue-lyre-press-la-collection-de-livres-papiers-comme-on-ne-les-a-jamais-publies1

Et au format livre audio (MP3 et PDF) chez Lyre Audio

http://www.lyre-audio.com/lettres-de-juillet-a-decembre-1929-de-howard-phillips-lovecraft-livre-audio-en-texte-integral-lu-par-xavier-beja-1-cd-mp3-4h20-ebook-500-pages-parution-le-20-avril-2009

dimanche 21 juin 2015

Rêver d'un monde meilleur

Enfant contemplant un paysage onirique au-dessus d'une ville grise et polluée

Privez une créature vivante, humaine ou animale, de la possibilité de rêver, elle meurt. Lorsqu’une personne vieillit, elle rêve de moins en moins. Rêver est nécessaire à la vie, autant que l’air, l’eau ou la nourriture.

Rêve-t-on seulement la nuit ? Et qu'est-ce que l'imagination, sinon le rêve éveillé ?

Doit-on punir l'enfant rêveur ou lui passer la camisole chimique pour museler son soi-disant "Trouble de Déficit d'Attention" ?

Et si c'était un processus naturel, l'exercice d'un don artistique naissant ou d'une aptitude créatrice dans un domaine que vous ignorez, et qu'il n'a pas encore formulé.

"I have a dream… je rêve", scandait Martin Luther King dans son fameux discours. 

Léonard de Vinci était un enfant extrêmement rêveur.

"L'imagination est
plus importante
que la connaissance."

Albert Einstein

lundi 2 février 2015

Prince grenouille pour les nuls

https://drive.google.com/file/d/0B0ogA2bMtphSdUlUdjFfbmJ5WXc/view?usp=sharing

Vous qui pleurez sur les morceaux épars d'un rêve brisé.

Vous qui gisez dans la boue, au fond d'un mare si visqueuse, si collante, que vous ne savez plus comment rebondir.

Ce conte est pour vous.

Oyez ! Oyez ! Gentils sires, gentes dames et gentes damoiselles, l'histoire du prince grenouille qui rêvait d'être ménestrel.

Approchez, approchez !

N'ayez crainte, empoignez-moi cette souris, ce rongeur électrique que vous tenez à la main, et appuyez donc sur ce terrible tableau, avant que la princesse ne coupe définitivement les pattes de notre héros pétrifié, le sire tête-à-l'envers, jadis plein de ressort.

Oyez ! Oyez ! Braves gens… si vous n'avez plus la force d'avancer dans votre quête miraculeuse… si les bras vous en tombent, de trop de lassitude, lisez donc cette histoire qui redorera votre blason, relancera la galopade échevelée de votre cœur d'enfant. Lui qui s'est arrêté de battre depuis si longtemps que vous avez oublié sa chanson trépidante.