samedi 4 mars 2017

Du sang dans les tomates

 

J'ai lu une série de livres que j'ai adorée. C'est une saga paramédiévale en quatre tomes, dévoilant peu à peu une légère teinte de science-fiction, à mesure que le récit avance.

Le Livre de Cendres, de Mary Gentle :
I – La guerrière oubliée
II – La puissance de Carthage
III – Les Machines sauvages
IV – La dispersion des ténèbres

Ce qui m'a frappé, dans ce roman, c'est l'extrême intelligence de son auteure. L'histoire, atypique, mêle réalisme historique (champs de bataille et vie militaire y sont décrits de façon riche et palpitante), un merveilleux subtil, à la frontière du réel, et l'introduction progressive d'éléments SF tellement plausibles que Michael Cricton ne les aurait pas reniés. Je pense notamment à son Prisonniers du temps, une expérience de téléportation quantique qui a mal tourné.

Bref, avec Le Livre de Cendres, je me suis laissé emporter dans un tourbillon épique saisissant, émaillé d'un humour agréable et chaleureux, comme ces échanges entre l'auteur fictif du "Livre de Cendres" (un manuscrit médiéval) et son éditrice, sorte de trompe-l'œil où un deuxième écrivain, "l'auteur originel" de l'histoire, est aussi un personnage du récit. Cela faisait longtemps qu'un roman ne m'avait pas autant passionné.

vendredi 18 novembre 2016

Un livre dont vous êtes le héros l’auteur


J’ai changé la vidéo à la fin de l’article Liberté d’esprit.

Maintenant, ce clip vidéo déchirant de Michael Jackson peut sembler contradictoire avec le billet plein d’espoir qui précède, mais pas si vous le regardez jusqu’à la fin.

Par souci de compréhension, je vous mets ci-dessous une traduction des paroles, assortie d’un essai sur les questions qu’elle soulève.

Cet essai, comme vous constaterez, illustre ce concept de “liberté d’esprit”, qui est l’aptitude à “désobéir” à la réalité. Cette capacité étant le signe distinctif des esprits rebelles. Ainsi, la boucle sera bouclée. En littérature, écrire à l’avance des éléments d’intrigue qui reposent sur des informations futures, encore inconnues du lecteur, est le privilège du “narrateur omniscient”.

Je m’explique, car l’idée est suffisamment tordue pour vous embrouiller. Je prédis, dès à présent, que la fin du présent article que je n’ai pas encore écrit va rejoindre et confirmer cet autre billet posté le 26 juin 2016.

Maintenant, place à la poésie, ce que sont les chansons, en fin de compte. Si Victor Hugo vivait à notre époque, il devrait monter un groupe : passer des annonces pour trouver des musicos, un chanteur (ou une chanteuse) pour ses textes. Démarcher les maisons de disque. Comme nom de groupe, je verrais bien “Vick et les misérables”.

Vous imaginez ?

J’aime l’araignée… (Accord de guitare rauque, saturé)

Et… j’aime… l’or-tie… (Nouvel accord ravageur)

Et là, chant et chœurs à l’unisson :

Parce qu’on les HAIIIIIIIIIT !

Et le morceau démarre sur un tempo endiablé de 160, entre punk et hard rock.

Bon, pour aujourd’hui, on se contentera de la pop romantique de Michael.

dimanche 11 septembre 2016

Heureux les simples d'esprit, car ils n'y verront que du feu



Le film dont il est question ici comporte des scènes susceptibles de heurter la sensibilité de jeunes spectateurs ou de personnes fragiles.

Le 9/11 Truth Movement (Nine-eleven Truth Movement, "Mouvement pour la vérité sur le 11 septembre") regroupe des organisations, associations et individus qui remettent en question la version officielle que le gouvernement de George W. Bush a servie aux médias internationaux, lesquels l'ont relayée à la population sans faire preuve d'esprit critique. Ce mouvement de libres-penseurs, le 9/11 Truth Movement, a pris naissance aux États-Unis, puis a essaimé partout dans le monde.

Dans le dernier article On nous prend pour des complotistes, je conseillais aux chercheurs de vérité de faire appel à des sources d'information fiables, bien documentées, non basées sur des opinions ou des suspicions, mais étayées de faits, chiffres, noms et statistiques.

"Fiables" est un concept relatif, mais des canaux d'information appartenant à des groupes de financement, eux-mêmes possédés par des groupes de financement plus vastes, selon une hiérarchie qui se perd dans les méandres de la finance internationale peuvent-ils être fiables ? Sachant qu'ils ne répondent pas à une logique de vérité, ce qui nécessiterait le courage de dire quoi qu'il en coûte, mais à une logique de profit : "Contentons-nous de dire ce pour quoi on nous paye".

Les médias ayant pignon sur rue, propriétés de riches décisionnaires anonymes, vont-ils être remplacés par des journalistes indépendants qui, loin d'être financés par de puissants holdings, font appel à des dons pour s'offrir le luxe de relayer une information libre qui n'a de comptes à rendre à personne ?

Le film documentaire 11 septembre, le nouveau Pearl Harbor, du réalisateur et blogueur italien Massimo Mazzucco, reflète cette tendance.

Cependant, à l'instar des debunkers ["démystificateurs" partisans de la version officielle], on pourrait tourner en dérision ce travail d'investigation auquel ont participé des milliers de techniciens, ingénieurs, architectes, pilotes d'avion, militaires et enquêteurs, éluder leurs questions avec des raisonnements bâclés, simplistes et teintés de sarcasme. On pourrait les taxer de paranoïa ou de "complotisme". On pourrait nier leurs objections, car si elles étaient fondées, les implications en seraient insupportables. Allons donc, il est impossible que des politiques, des businessmen, des membres d'unités "spéciales", CIA ou agences privées sous contrat fassent preuve d'un tel degré de cynisme, de cruauté, de duplicité.

Une position qu'on pourrait résumer ainsi : trop horrible pour y croire.

jeudi 4 août 2016

On nous prend pour des complotistes

 

Le Magazine Science & Vie d’août 2016 affiche ce titre étonnant :
VOUS AVEZ DIT COMPLOT ?

NOS CERVEAUX PROGRAMMÉS POUR Y CROIRE
J’y avais fait référence dans l'article Quand la mémoire prend le large, mais la théorie selon laquelle le cerveau est le siège de la pensée n’a jamais été prouvée scientifiquement.

Ça commence mal, Science & Vie. Une boulette dès le sous-titre, c’est pas ce que j’appellerais de la rigueur scientifique.

En plus, "Nos cerveaux programmés pour y croire"… ceux qui n’y croient pas, ils n’ont pas de cerveau ?

"Cerveau programmé", je ne sais pas, mais "pensée programmée", là, c’est facile. Vous avez dit médias, publicité, marketing, presse, télévision, informations en boucle, matraquage, matraquage, matraquage. Pour un peu, on croirait du lavage de cerv… Oups !

Au début de l’année 2016, c’était sa majesté le gouvernement français soi-même qui orchestrait une campagne médiatique pour convaincre "les jeunes" (Qui c’est ceux-là ?) de ne pas adhérer aux théories du complot :
Pour combattre les théories complotistes sur Internet, le gouvernement a diffusé jeudi, dans le cadre d’une campagne, une courte vidéo de l’humoriste Kevin Razy, dans laquelle il tente de convaincre les jeunes à vérifier les informations qui circulent sur Internet.
Cet article de l’Express, daté de février 2016, disculpe l’humoriste d'accusations qui ont pesé contre lui, suite à des rumeurs selon lesquelles il aurait eu des pensées coupables, contraires à la doctrine officielle.

Le journaliste, les correcteurs et le rédacteur de l’Express auraient pu vérifier que leur article était écrit en français correct : "tente de convaincre à vérifier"… On dit "convaincre de", pas "convaincre à". Ou alors, il faudra proposer ce "nouvel" usage pour la prochaine réforme du ministère de l’Éducation nationale. Après avoir "légalisé" un paquet de fautes d’orthographe, ils vont peut-être s’attaquer à la grammaire.

vendredi 8 juillet 2016

Faut pas falloir


En relisant les deux derniers articles, une évidence m'a percuté comme un quinze tonnes sur un tronçon d'autoroute sans radar.

Il y avait là, tout au long de ces billets à rallonge, un ton moralisateur, la morgue insupportable d'un donneur de leçons, entre coup de gueule ronchonnant et sermon donné du haut de sa montagne de suffisance.

Moraliste ! m'écriai-je intérieurement, en pointant un doigt accusateur vers le coupable, celui qui regardait le doigt d'un air honteux.

"Faut pas être moraliste, c'est MAL !

– Pourquoi c'est mal, d'être moraliste ?

– Euh, d'abord, on dit pas "c'est mal", ça fait moraliste.

– Et c'est pas bien, d'être moraliste ?

– Non, enfin… euh, c'est pas que c'est pas bien, mais c'est… gonflant. Voilà, c'est ça qu'on dit.

– Et c'est mal, d'être gonflant ?

– Bah, oui ! Enfin, non, mais faut pas, c'est tout.

– Et c'est bien de pas falloir ?

– C'est pas fini de jouer sur les mots, non ?!"

Moralité, puisqu''il faut bien une morale à cette histoire, toute critique, toute argumentation, toute remise en cause, toute interdiction EST, qu'on le veuille ou non, moraliste.

La seule chose qui change, c'est la règle ou le principe qu'on défend.

Et la morale de l'un sera l'immoralité de l'autre. Et vice versa.

Donc, celui qui dit qu'il faut faire ci ou ça, ou pas faire ci et pas faire ça, eh bien, c'est un moraliste.

Et il a tort de faire la morale aux autres.

Et c'est mal d'avoir tort.

J'ai pas raison ?

lundi 4 juillet 2016

La guerre sainte de la science


Le tableau ci-dessus représente Galilée essayant d'expliquer ses théories à un public sceptique.

L'étroitesse d'esprit, de façon paradoxale, tend à élire domicile là où elle dispose de plus d'espace pour y prendre ses aises. Dans les bâtiments officiels, ayant pignon sur rue.

Quoi qu'en pensent ceux qui, nourrissant des rancunes d'un autre temps, ont toujours des comptes à régler avec l'Église catholique romaine, celle-ci n'est plus, tant s'en faut, le temple de la pensée unique.

L'intolérance est veule. Elle se range toujours du côté du plus fort : celui de la majorité. Si vous voulez savoir où elle prolifère, cherchez là où il y a foule. Il faut un troupeau pour que résonne une clameur.

Les églises, désertées par la foi au profit du tourisme, ces mêmes églises que Laurent Joffrin voulait "céder à l'islam, en guise de fraternité" (Libération, 9 juillet 2015) n'ont plus la faveur des rois présidents français. Lesquels sont, paraît-il, laïques.

Quant à la science, elle ne se contente pas d'être laïque, elle est le rouleau compresseur qui aplanit la terre sur la tombe de Dieu, puisqu'aux dires du philosophe allemand Friedrich Nietzsche : "Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué !"

Si Nietzsche avait lu les Évangiles, il y aurait réfléchi à deux fois, avant de crier victoire, car il aurait su que tuer Dieu n'était pas suffisant, encore fallait-il l'empêcher de ressusciter.

vendredi 1 juillet 2016

Tout le monde doit mourir… ou pas


Valar morghulis, "Tout le monde doit mourir", est la devise des assassins "Sans-visage", dans la saga livresque Le Trône de fer, de George RR Martin, devenue la série télévisée Game of Thrones (Le jeu des trônes).

Il y a quelques années, je lisais Le Trône de fer.

C'était bien avant que le grand public du petit écran s'y intéresse. À cette époque, la fantasy était encore considérée par beaucoup comme un genre littéraire mineur, réservé au geeks, aux enfants ou à ces "adultes" ayant  conservé une âme d'enfant. D'aucuns diraient "immatures".

Quoique… avec le Trône de fer, on s'éloignait beaucoup du monde merveilleux de l'enfance pour naviguer dans celui, plus sombre, plus brutal, plus effrayant, des adultes.

Trahisons et meurtres à foison, tortures, viols, inceste… George RR Martin menait sa barque de l'enfer sur un flot de sang et de souffrance.

Si le message du Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien était l'espoir, l'auteur du Trône de fer s'acharnait à me prouver que je devais y renoncer peu à peu, mort après mort de mes personnages préférés.