dimanche 19 septembre 2010

Et si on essayait la "respectitude"

Gravure de la bataille d'Azincourt

Ma tentative de "lecture innocente" de La première leçon du sorcier, de Terry Goodkind, s'est soldée par un échec. Je n'arrive tout simplement pas à lire ce livre. Et je ne vais pas citer les passages qui m'ont sorti de l'histoire ni me lancer dans une critique littéraire, celle-là même que je dénonçais dans le post de la veille (Un regard critique sur l'œil critique). Deux clichés me viennent à l'esprit : "si t'aimes pas ça, n'en dégoûte pas les autres", et "les goûts et les couleurs, ça se discute pas". C'est banal, c'est de la philosophie de comptoir, mais je pourrais aussi déguiser ces platitudes sous un terme plus sophistiqué : le respect. Houla, le vilain mot qui fait peur ! Un mot pour lequel Le Petit Robert nous donne ces définitions  :
  1. "Sentiment qui porte à accorder à quelqu'un une considération admirative, en raison de la valeur qu'on lui reconnaît, et à se conduire envers lui avec réserve et retenue.
  2. "Considération dénuée de mépris."
Et même si je ne suis pas obligé de ressentir "un sentiment qui me porte à accorder une considération admirative", rien ne m'empêche de faire preuve de "réserve", de "retenue" ou de "considération dénuée de mépris". À quoi bon réduire le travail d'un auteur (tout écrivain sait combien l'art d'écrire demande d'efforts, de persévérance), et détourner des lecteurs potentiels d'un livre qui pourrait très bien leur plaire, à eux ? À quoi bon ? Rien… À quoi mauvais ? Sûrement. Si vous voulez savoir ce que vaut vraiment ce livre, feuilletez-le en librairie, ou même, allez profiter de l'atmosphère sereine d'une bibliothèque. Au bout du compte, fiez-vous à votre avis. Moi, je n'ai pas aimé, mais vous pourriez adorer, n'est-ce pas ?

En accord avec le post précédent, je trouve qu'il y a trop de critiques sur Internet, et d'une façon plus générale, dans la plupart des médias. Les mots deviennent des armes pour jeter à bas tout ce qui, de près ou de loin, arbore le blason d'un camp ennemi ou prétendu tel. Qu'il s'agisse d'art (films, livres), de politique (l'éternel match de boxe crochet de la droite, uppercut de la gauche), de philosophie ou de religion (matérialistes contre spiritualistes), de célébrités (artistes, personnages politiques)… Ceux qui font usage de ces piques et de ces flèches réalisent-ils qu'il y a un être humain à l'autre bout de leur haine ? Alors, pourquoi ne pas inverser la tendance ? Pourquoi ne pas travailler notre "respectitude", améliorer notre "tolérancivité" ? Qu'est-ce qu'on risque ? Une baisse du niveau de stress général de la société dans laquelle on vit ? Bah, ça va pas nous tuer, hein !

vendredi 10 septembre 2010

Cure de jouvence… un régime sans stress

Ce passage du roman d'Henri Vincenot, La Billebaude, est d'autant plus savoureux que l'auteur a été journaliste :
Mais il avait voulu, lui aussi, coiffer le casque écouteur et entendre la bonne parole "radiodiffusée", et en quelques instants, il avait appris tant de catastrophes et de menaçantes foutaises, qu'il avait piqué une colère noire. D'un seul coup, il avait été informé du krach de Wall Street., de plusieurs crimes odieux, de la chute du ministère, et enfin de l'arrivée de la Crise, la Grande Crise1, et il s'était mis à manger moins, à ne plus pouvoir s'endormir avant neuf heures du soir, à rabrouer son monde. On n'entendait plus son rire en hahaha ! Les femmes elles-mêmes n'osaient plus chanter cantique. Bref, la famille sombra, en quelques jours, dans la plus noire des hypocondries, écrasée par la plus maligne des maladies épidémiques :
L'INFORMATION !
Le grand-père le comprit le premier. Un jour que le bavard du micro rendait compte de l'effondrement des cours, de "l'effroyable montée du chômage", des grèves et des premières occupations d'usines, je le vis se congestionner comme un coq-dinde amoureux, arracher les écouteurs, en faire, avec le fil de prise de terre, un paquet qu'il envoya directement dans les cendres de la cheminée en criant :

– … Mais qu'est-ce que j'en ai à faire de vos goguenettes et de vos parigoteries ?… Vous voyez pas que je vais en perdre salive avec leurs racontars ?… Vous voyez pas que ce sacré vains dieux d'appareil va me ruiner l'appétit et me gâcher mon bon temps ?… Allez, allez, gamin ! va me jeter ça sur le fumier !

Puis, se reprenant :

– … Non, pas sur le fumier. Ça serait encore capable de faire avorter mes salades !… Va mettre ça où tu voudras, mais ne ramène jamais cette espèce d'encolpion dans notre maison !

Mon grand-père venait, sans peut-être s'en rendre compte, de prolonger sa vie de vingt ans et sans doute davantage. Et il reprit bien vite ses allées et venues et son air magnifique.
1. Celle de 1930-1935.
La Billebaude, par Henri Vincenot, aux Éditions Gallimard (Folio).

Par curiosité, j'ai tapé [presse "bonnes nouvelles"] dans Google, comme ça, pour voir.

À ma grande surprise, j'ai trouvé des blogs et des sites qui mettaient cette idée en pratique.

Dont celui-ci…

http://www.des-bonnes-nouvelles.org/