mercredi 23 mars 2011

S'ils s'étaient rencontrés, Jésus et Bouddha seraient probablement devenus potes

Peintures de Bouddha et Jésus

Alors, pourquoi leurs adeptes ne suivraient-ils pas leur exemple ?

Pourtant, au hasard de mes pérégrinations sur le Net, j'ai eu la surprise de tomber sur un blog où chrétiens et bouddhistes se laissaient aller à des propos qui étaient loin de refléter les principes éclairés de leurs maîtres respectifs.

N'appartenant à aucun des deux camps qui s'affrontaient, même si j'éprouve de la sympathie pour les chercheurs d'absolu, dès l'instant qu'il savent relativiser, je me suis dit que je ferais peut-être un arbitre acceptable, dans ce conflit verbal qui écorchait la Toile par tant de virulence.

Et j'ai posté ce message, que je vous retranscris tel quel, moyennant quelques corrections après coup. L'émotion suscitée par l'atmosphère qui régnait sur le blog m'ayant fait relâcher quelque peu ma vigilance orthographique.

"Bonjour,

Dans toutes les religions, il y a toujours eu des gens tolérants, respectueux, sages, et des individus violents, intolérants, étroits d'esprit. Bouddhisme, catholicisme, islam et tant d'autres.

Il en va de même chez les athées et les non religieux.

Et peut-être encore plus chez les antireligieux, le préfixe "anti-" portant, à lui seul, son propre message de violence et d'intolérance.

Il n'est que de voir le ton acerbe, revanchard, sarcastique de certains messages sur certains blogs ou forums pour comprendre que la haine et l'absence d'humanisme sont un état d'esprit qui va au-delà des croyances.

Il est sûr que celui qui possède un esprit étroit et intolérant par nature, s'il adhère à une philosophie ou une religion quelconque, s'en prendra à tous ceux qui ne s'accordent pas avec ses convictions. Mais cela s'applique aussi bien aux matérialistes qui ne supportent pas de voir des croyants chercher un éventuel salut, un possible réconfort, dans une doctrine ou une autre.

Par exemple, nous avons vu maintes fois le christianisme stigmatisé pour ses excès, ses tribunaux, sa complicité abusive avec tel ou tel pouvoir gouvernant, et à juste titre. Mais si un homme mauvais embrasse le catholicisme, et commet en son nom des atrocités, comme ce fut le cas de nombreuses fois, cela ne met pas en cause le message d'amour et de tolérance du Christ, s'il a existé.

L'intelligence est la capacité de discerner, de voir les différences, les nuances. Faire des amalgames, des généralités : les bouddhistes, les chrétiens, les musulmans, les juifs… témoigne d'une incapacité à voir les différences essentielles entre les personnes, dès l'instant qu'elles possèdent une étiquette commune. Les dogmes, les rites, le vocabulaire pour désigner les choses, les costumes, les prières sont de peu d'importance. Il y a plus de religion dans un sourire, un geste amical, une parole aimable ou un regard respectueux que dans tous les livres et les cérémonies du monde.

Quelque intolérants ou violents qu'aient pu être nos prédécesseurs, dans quelque religion que ce fut, ne faisons pas comme eux.

Commençons, par exemple, par respecter la foi de ceux qui ne pensent pas comme nous – je ne suis ni bouddhiste, ni catholique –, mais je connais mon histoire, et je sais que si les iniquités de certains esprits malades ont fait beaucoup de tort à certaines religions, je n'oublie pas non plus que d'autres, avant l'apparition de ces mêmes religions, en commettaient tout autant, si ce n'est plus.

Il ne faisait vraiment pas bon vivre en Europe, avant l'apparition du christianisme, je puis vous l'assurer, et le terme "barbare" pour qualifier certains peuples et leurs coutumes n'a pas été employé juste pour faire amusant dans les livres d'histoire.

Fondamentalement, une religion, du latin "religare", est supposée "relier à un principe supérieur", elle est censée élever l'homme, le faire se dépasser. On peut aussi s'attendre, dans l'idéal, à plus d'amour, plus de compassion envers ses semblables. Après, de la théorie à la pratique, il peut y avoir un monde, d'un individu à un autre.

Il y a eu des bouddhistes violents, soit. Ce n'est pas un scoop, pour qui a étudié l'histoire du bouddhisme ; il en va de même pour une majorité de religions.

La religion n'est qu'un outil, on peut en faire bon ou mauvais usage, selon qu'on ait soi-même le cœur généreux ou rempli de haine.

Regardons, par exemple, les messages qui précédent, et relevons tous ceux qui comportent des émotions négatives, empreintes de sarcasme ou d'intolérance, une forme de violence, et demandons-nous quelle aurait été l'attitude de leurs auteurs, au sein d'un mouvement religieux quelconque, vis-à-vis de ceux qui pensaient différemment d'eux ?

On ne peut critiquer la violence ou l'intolérance avec de la violence verbale ou un manque de respect dans ses propos. C'est contradictoire.

Je ne suis ni catholique, ni bouddhiste, mais si ces démarches peuvent aider d'autres à se sentir plus heureux dans la vie, et c'est forcément le cas, étant donné le nombre de gens qui arpentent ces voies, alors tant mieux, je leur souhaite beaucoup de réconfort, du fond du cœur. Et s'il existe un paradis ou un nirvana, un plan de conscience où connaître une félicité et une meilleure existence, alors, puissent-ils y vivre éternellement.

Le bouddhisme a effectivement une réputation de tolérance et de compassion qui ne tient pas compte des écarts auxquels se sont livrés certains de ses membres, mais si l'on devait faire une liste comparative de toutes les exactions, massacres, tortures, génocides, commis en son nom, et ceux commis au nom du catholicisme, je pense que le bouddhisme ne serait pas le plus mal noté. De même, si l'on devait compter les points du match "bouddhistes contre matérialistes", eh bien, il ne fait aucun doute que les matérialistes (à commencer par les communistes de ce siècle), remporteraient la coupe haut la main, pour ce qui est du nombre d'atrocités commises et du nombre de cadavres, qu'on parle des troupes chinoises, russes ou des Khmers rouges.

D'autre part, rappelons-nous nos guerres de religion, quand la Saint-Barthélémy avait rougi la Seine du sang des Parisiens. Ce n'est pas une métaphore, le fleuve "était" effectivement "rouge de sang", en une seule nuit ! de par le nombre de cadavres des hommes, femmes et enfants lâchement assassinés. Ou rappelons-nous les bûchers de l'Inquisition, lorsqu'on mettait des pains de glace ou de l'eau sur les suppliciés, pour prolonger leur agonie. Ce qui n'empêche pas que le message du Christ était vraiment un message d'amour et de compassion.

Tant qu'à promouvoir l'amour, la compassion, la tolérance, le respect, commençons dès à présent, sur le Net, en modérant nos propos, et en n'oubliant pas que si l'on s'estime trahi par telle ou telle religion, ou que l'on ressent un sentiment de frustration parce que telle ou telle foi heurte notre entendement ou notre rationalisme, il y a des gens pour qui ces doctrines sont réellement une source de réconfort et d'épanouissement, et nos prises de position véhémentes ou moqueuses peuvent les blesser ou les froisser.

Religieux ou athées, croyants ou agnostiques, il y a un mode de pensée que nous pouvons tous embrasser, un terrain sur lequel nous pouvons tous nous réconcilier : la tolérance, le respect, la délicatesse, appelez ça comme vous voulez."

2 commentaires:

  1. FRIDA : Un message d'une grande sincérité et d'une grande vérité

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  2. Totalement d'accord Al !
    Je suis moi un peu catholique et un peu juive mais je ne voyais pas grand chose de spirituel dans les religions, jusqu'à ce que j'aille à Jérusalem ! Et là j'ai marché dans les pas de Jésus, touché le Mur des Lamentations, admiré la Mosquée d'Al-Aqsa, visité des églises que plusieurs cultes se partagaient, me suis assise au Mont des Oliviers et j'ai senti tout l'amour qui était à l'origine des religions. J'ai compris que tout le mal que l'on pouvait atttribuer aux religions n'était le fait que de quelques personnes qui se cachaient derrière ou se servaient des religions à des fins mauvaises.

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