dimanche 22 mars 2015

Grève illimitée


Qu'est-ce qui mène le monde ?

L'argent.

Où se trouve l'argent ?

Dans les banques. Pas sous forme d'or, de moins en moins en tant que billets de papier (essayez donc d'opérer un retrait important en espèces sur votre compte, vous verrez le temps que met votre agence bancaire pour réunir cette somme). Non, plutôt sous forme de chiffres virtuels, abstraits, illusoires, qui apparaissent uniquement sur des écrans d'ordinateur, mais ne correspondent à aucune valeur réelle, ni en or ni en argent métal, à peine en devises papier.

À tel point que si un trop grand nombre de détenteurs de comptes bancaires venaient retirer leur argent en espèces au guichet d'une banque, celle-ci serait dans l'incapacité de rembourser cet argent qu'elle a depuis longtemps dépensé, injecté dans les circuits financiers internationaux afin de réaliser du profit pour elle-même. En bref, cette banque ferait faillite, avant d'être rachetée… par une autre banque.

Donc, à qui appartient-il, cet "argent" informatique ?

Il y a encore quelques années, on aurait pu répondre : à ceux qui le déposent sur un compte, aux épargnants.

Cependant, la crise financière de ces dernières années, ce qui s'est passé à Chypre, aux USA, en Grèce, et semble menacer d'autres pays comme le nôtre, l'archi-endettement des gouvernements, etc. font apparaître de plus en plus clairement que ces dépôts et cette "propriété individuelle" sont une illusion camouflée par la complexité de la finance internationale et des tractations menées par ces mêmes banques qui manipulent les systèmes boursiers de New York à Tokyo, en passant par Londres et Paris.

Le gouvernement d'un pays endetté est à la merci de ses créanciers et, de ce fait, ne gouverne rien. C'est une marionnette entre les mains des seuls vrais puissants de ce monde, ces archi-milliardaires qui détiennent des fortunes dépassant largement le PIB des pays concernés.

Et d'ailleurs, qui finance les campagnes électorales de ces "élus" qui composent nos gouvernements dits "démocratiques" ?

Quant aux multinationales, leur pouvoir se chiffre en valeurs boursières, ces mêmes valeurs achetées par leurs actionnaires qui les stockent, quelle surprise ! sur leurs comptes en banque.

Ainsi, la boucle est-elle bouclée.

Donc, si l'argent dirige le monde et si les banques sont les véritables propriétaires de cet argent, au bout du compte, qui dirige le monde ?

Tout en haut de cette pyramide du pouvoir financier, qui possède les banques ?

On pourrait penser que cette vision relève du conspirationnisme et de la paranoïa. D'ailleurs, si c'était vrai, "ils" en auraient parlé à la télévision ou dans la presse, n'est-ce pas ?

Seulement, qui finance les chaînes de télévision et les organes de presse ? Ne sont-ils pas endettés, eux aussi ?

Les Égyptiens de l'Antiquité appelaient l'argent "le grand tordu" et son usage dans leur société était passible de la peine de mort. C'est un peu extrême, même si l'on considère comment cet argent achète des livraisons d'armes et finance les guerres, renverse des gouvernements plus ou moins démocratiques pour les remplacer par de vraies dictatures, effondre artificiellement l'économie des pays pour favoriser des mouvements boursiers qui alimentent des fortunes individuelles, dégrade l'environnement planétaire en faisant disparaître des espèces animales ou végétales, en abattant des hectares de forêt, détruisant la couche d'ozone (tests nucléaires, pétrole, bombardements dans les zones de conflit), tuant peu à peu les abeilles à coups de pesticides, et maintient tant de peuples dans des conditions de vie misérables, famine, épidémie et guerre, camouflant ces crimes contre l'humanité derrière un paravent d'aides humanitaires et autres dons "philanthropiques" qui sont autant de pansements dérisoires sur des membres gangrénés.

J'avais écrit cette nouvelle, Grève illimitée, en 2009. À l'époque, je ne m'intéressais pas vraiment à la finance ni à l'économie, et encore moins à la politique. Et j'étais loin de me douter que cette histoire brossait un tableau si fidèle de la façon dont notre monde marche sur la tête.

La nouvelle Grève illimitée est publiée sur Amazon.

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