lundi 20 juillet 2015

Cure de désintox

Taureau en treillis, vol d'hélicoptères militaires en arrière-plan

Cet article fait suite au billet Cure de jouvence… un régime sans stress, lequel traitait de l'information.

De temps à autre, il m'arrive d'avoir une discussion avec un ami ou un proche sur ce sujet :

"T'as pas vu les infos ?!

– Euh ! non, tu sais qu'on n'a pas la télé et on ne lit pas les journaux, non plus.

– Bah, plus ça va, pire c'est, figure-toi !

– Ah bon ?

– T'as pas idée. Si ça continue, ça va finir par une guerre mondiale…"

Cette conversation n'est qu'un exemple. Le thème peut porter sur les derniers attentats terroristes, le réchauffement climatique, la crise économique passée, présente ou à venir.

Je conseille alors à cette personne de décrocher des informations et de remplacer ce "dépresseur" par ces antidépresseurs que sont les activités créatives ou ludiques.

Ce qui me vaut ce type de réponse : "Ah ! mais faut bien s'informer, quand même !" ou bien "On peut pas vivre coupé du monde…" ou encore "C'est important de savoir ce qui se passe."

Je demande alors à mon interlocuteur si ce "savoir" débouche sur une action de sa part, sous forme de bénévolat, militantisme, soutien à une ONG ou un mouvement écologiste, lutte contre la faim, aide aux déshérités, action politique concrète.

Cette remarque, véritable coup bas, met généralement fin au débat et la personne s'empresse de changer de sujet.

Cela dit, je peux comprendre son point de vue. Le danger hypnotise. Quand il y a un accident sur la route, la circulation ralentit, car les conducteurs ne peuvent s'empêcher de regarder.

On pourrait aussi dire que se trouver à proximité d'un danger potentiel et regarder ailleurs en sifflotant, c'est pratiquer la politique de l'autruche. Maintenant, s'attrouper avec les badauds pour observer un piéton renversé, une personne ayant fait un malaise ou un immeuble en flammes, si ce n'est pas pour apporter son aide, à quoi ça sert ? Et qu'en est-il de contempler toute la misère du monde, jour après jour, au flash de 20 heures, sans rien faire pour la soulager ?

Les "informations", sauf exception, sont constituées de mauvaises nouvelles.

Pour quelle raison ?

[Cocher la/les bonne(s) réponse(s)]

1. Tout va mal.

2. Des bonnes nouvelles feraient chuter les ventes de journaux et l'audimat de la télé. (Avez-vous remarqué que les gros titres et le contenu des journaux s'adoucissent durant les vacances ?)

3. Effrayer un troupeau permet de le conduire là où on veut. On peut aussi remplacer cette image du conducteur de bétail par un rabatteur de gibier.

4. Un flot de mauvaises nouvelles provoque un état chronique allant de l'anxiété paralysante à l'apathie blasée. Ici on en revient à ma question précédente : "s'informer, pour quelle action ?" Sachant que la peur et l'apathie entravent l'action. Dans ce cas, on ne mène pas le troupeau où que ce soit, on s'assure qu'il reste figé sur place, qu'il se tienne à carreau.

5. Montrer une menace à quelqu'un de la main droite est une bonne technique pour lui faire les poches avec la main gauche : "Oh ! Mon Dieu ! Regardez là-bas, comme c'est horrible !" (Et hop ! Ni vu ni connu je t'embrouille avec de nouvelles lois répressives, de nouvelles taxes.)

6. Autre (si vous avez des idées, n'hésitez pas à les poster dans un commentaire).

Vous remarquerez que ces réponses vont du pessimisme ordinaire au complotisme en passant par un cynisme désillusionné.

Quel est mon avis sur la question ?

Je ne sais pas. Partagé comme je le suis entre un manque de preuves qui demanderaient des mois de journalisme d'investigation et un sentiment personnel qui tient plus de l'intuition que d'une analyse objective, je ne peux qu'émettre des conjectures, lesquelles sont surtout prétexte à faire de l'humour sur ce blog.

Pourquoi plaisanter avec des sujets dramatiques ?

Pour les dédramatiser, justement. Quelles que soient les difficultés de l'existence, s'il y a une chose dont je suis persuadé, c'est que le rire est thérapeutique. Un thème développé dans la nouvelle Le chemin du retour. S'il faut affronter l'enfer, autant que ce soit avec un solide sens de l'humour. Le rire libère des endorphines qui sont un antidouleur naturel.

Je ne sais pas si la planète est au bord du gouffre, plus aujourd'hui qu'autrefois.

Des années 60 jusqu'à récemment, nous avons vécu sous la menace d'un holocauste nucléaire imminent dont les médias ne cessaient de nous rebattre les oreilles. Le message était que nous n'avions aucun futur et qu'on allait tous disparaître dans un déluge de feu radioactif, lequel pouvait se déchaîner d'une minute à l'autre sans que rien ni personne ne puisse l'empêcher.

Des dizaines d'années ont passé et, pour des raisons aussi mystérieuses que statistiquement impossibles, nous sommes toujours là. En attendant, des générations ont vécu dans l'angoisse de la fin du monde. Le mouvement punk, avec sa musique aux accents d'agonie, son look frisant l'automutilation et son rejet pur et simple de la société, s'est construit sur le concept de no future allant de pair avec cette menace.

Cependant, le levier de la peur a permis de vendre de l'armement nucléaire pour des milliers de milliards de dollars, roubles ou francs, à des gouvernements idiots qui se sont équipés d'une quantité d'ogives et missiles suffisante pour vitrifier la surface du globe plusieurs centaines de fois. C'est à croire qu'ils avaient l'intention de faire sauter le système solaire.

Aujourd'hui, ce danger nucléaire s'intègre à l'intox sur le terrorisme. Nouvel épouvantail, même peur. Sauf que cette terreur ne sert plus à faire vendre de l'armement nucléaire, mais de la "sécurité" : gigantesques réseaux de caméras (dans les villes et sur les routes), surveillance satellite pouvant photographier jusqu'à la couleur des yeux, fichage et surveillance renforcée des citoyens, drones, non respect de la vie privée, contrôle bancaire intrusif et répressif pour lutter contre le blanchiment d'argent à but criminel, mais qui surveille tout ce qui rentre ou sort de vos comptes dès que les sommes dépassent quelques centaines d'euros, nouveaux contrats d'armement pour lutter contre le terrorisme, etc., etc.

Big Brother is watching you, mais c'est pour vous protéger. Pourquoi ça ne me rassure pas ?

Comme vous pouvez le voir, je ne suis pas trop mal renseigné, pour un troglodyte. Mais plutôt que de me faire pilonner quotidiennement par les médias officiels, je vais à la pêche aux informations uniquement quand j'en ai besoin, en sélectionnant mes sources. Le reste du temps, je porte mon attention sur les aspects positifs et la beauté de la vie.

"Oui, mais aujourd'hui, c'est pire que jamais !"

Vous croyez ?

Durant la Renaissance, dès la tombée du jour, vous ne pouviez aller d'un quartier parisien à un autre sans mobiliser plusieurs hommes armés d'une maisonnée, parents ou domestiques avec mousquets et rapières, sous peine d'être détroussé, violé ou occis par les maraudeurs qui n'avaient aucun mal à déjouer les rondes du guet. Dans la même période, les guerres de religion occasionnèrent un véritable bain de sang, littéralement. La nuit de la Saint-Barthélémy, la Seine était rouge du sang des victimes, hommes, femmes et enfants, dont les milliers de cadavres furent jetés dans le fleuve.

La révolution française, qu'on célèbre fièrement le 14 juillet parce que l'histoire a des trous de mémoire, fut une immonde boucherie durant laquelle se déchaînèrent les instincts les plus bas. Pas seulement la guillotine, mais viols, tortures, noyades, bûchers et mutilations perpétrées sur des innocents, aristocrates ou non.

Les guerres napoléoniennes, en plus de mettre l'Europe à feu et à sang, décimèrent et ruinèrent la France.

La guerre de 14-18, même massacre dantesque, mais avec des armes plus redoutables.

Quant aux années 39-45, des armes toujours plus sophistiquées, mais aussi les camps d'extermination, auxquels ont peut décerner la palme de l'horreur.

Je vous passe les autres génocides : "Indiens" d'Amérique massacrés par les colons européens, Russes par Staline, Tibétains par l'Armée rouge. J'en ai certainement oublié.

De tout temps, ce monde a oscillé entre civilisation et barbarie, entre beauté et laideur.

Aujourd'hui, la puissance des canaux médiatiques fait qu'il est possible d'être informé d'une dizaine de guerres, catastrophes, tueries, crimes atroces, injustices révoltantes, populations sinistrées ou opprimées en quelques minutes, avec force détails et images prises sur le vif.

Quels en sont les effets sur notre moral ? Quelle répercussion cela a-t-il sur notre santé, physique ou mentale ? Quant à ceux qui disent que ça ne leur fait rien, n'est-ce pas inquiétant ?

Je pense que l'information est à consommer avec modération, en choisissant ses sources et en les comparant avec d'autres.

Par exemple, j'avais besoin d'une vidéo pour illustrer cet article, alors j'ai fait quelques recherches et j'en ai retenu une qui m'a paru sobre et lucide. Mais après l'avoir visionnée, j'étais bon pour repartir en cure de désintox et m'inscrire aux Infooliques Anonymes.

Alors, cette fois, c'est définitif, je me mets au vert, loin de la fureur médiatique, ses guerres et ses drames.

Meuh ! Pour qui on nous prend ?


1 commentaire:

  1. Ouf !!! Bravo pour ce petit film. Il explique très, très bien comment les choses ont pu se passer. Pour ma part, je n'ai jamais pensé que le fait qu'un avion percute les tours puisse les faire s'effondrer de bas en haut de façon aussi droite. Et ce ne serait pas la première fois que des choses nous seraient cachées (nous sont ?!? cachées).
    Je suis d'accord avec ce texte et le fait que nous recevions surtout de l'intox et non des informations.
    D'ailleurs, comme on peut le vérifier par nous-même, les "nouvelles" ne sont bien souvent (pour ne pas dire toujours) que de mauvaises nouvelles. Mais il y a aussi de bonnes nouvelles. Alors, si nous étions si bien informés que ça, pourquoi n'y aurait-il pas aussi de bonnes nouvelles ?
    J'aime toujours autant votre humour. Bravo et merci.
    Joëlle

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