vendredi 31 juillet 2015

Question de point de vue

Mi-ange, mi-succube dans un pentacle

Aujourd’hui, c’était la pire journée que j’ai jamais eue

Alors n’essayez pas de me convaincre que

Il y a du bon dans chaque journée,

Parce que, lorsque vous regardez plus attentivement,

Ce monde est un endroit plutôt moche,

Même si

Un peu de bonté brille vraiment de temps à autre,

La satisfaction et le bonheur ne durent pas,

Et ce n’est pas vrai que

Tout repose sur l’esprit et le cœur,

Parce que

Le vrai bonheur peut être atteint

Uniquement si l’on vit dans un bon environnement,

Ce n’est pas vrai qu’il y a du bon en ce monde

Je suis sûr que vous êtes d’accord avec moi,

La réalité

Crée

Mon attitude

Tout est hors de mon contrôle,

Et jamais, à aucun moment, vous ne m’entendrez dire que

Aujourd’hui était une bonne journée

Maintenant, lisez de bas en haut.

lundi 27 juillet 2015

Le verre à moitié vide ou à moitié plein

Singe et paysage bucolique dans un vivarium futuriste

Il y a deux semaines, un graffiti à la bombe sur une affiche de publicité a retenu mon attention dans une station de métro : "Non aux animaux en prison." Cette station se trouvait sur la ligne 1 du métro parisien, La Défense – Château de Vincennes.

Je n'ai pris conscience de la portée de ce message qu'il y a trois jours, lorsque nous sommes allés en famille visiter le "nouveau" Zoo de Vincennes, lequel avait rouvert ses portes au printemps 2014, après avoir été entièrement réaménagé.

J'ai été agréablement surpris par ce Zoo de Vincennes relooké. Les espaces où vivent les animaux sont plus grands, plus verts, plus "naturels", une différence notable avec ces fosses exiguës en béton de l'ancien zoo où nous emmenions notre fille s'extasier tout en se barbouillant la figure de barbe à papa. Le parc d'attractions actuel met l'accent sur sauvegarde des espèces menacées, avec des supports audiovisuels qui diffusent en boucle des films éducatifs sur la faune et la flore terrestres. Jusqu'à la boutique de souvenirs, aux produits estampillés d'un animal ou du logo Zoo de Vincennes, où il est signalé que les bénéfices serviront à la préservation des espèces en danger.

Avant d'écrire cet article, j'ai tapé animaux et prison dans la fenêtre de recherche de Google, car je voulais retrouver la formulation exacte du slogan graffité, et je suis tombé sur plusieurs articles reprenant ces revendications anti-zoo. En parcourant ces articles de presse ou de blog, j'ai appris que les scientifiques avaient "réussi à prouver que les animaux étaient doués de conscience".

Bigre ! Fallait-il une étude scientifique pour prouver cette évidence ? Avant de se lancer dans de coûteux travaux de recherche, ces "savants" auraient dû regarder les définitions du mot conscience dans un bon dictionnaire. Des fois, savoir de quoi on parle représente un niveau de connaissance appréciable sur un sujet.

lundi 20 juillet 2015

Cure de désintox

Taureau en treillis, vol d'hélicoptères militaires en arrière-plan

Cet article fait suite au billet Cure de jouvence… un régime sans stress, lequel traitait de l'information.

De temps à autre, il m'arrive d'avoir une discussion avec un ami ou un proche sur ce sujet :

"T'as pas vu les infos ?!

– Euh ! non, tu sais qu'on n'a pas la télé et on ne lit pas les journaux, non plus.

– Bah, plus ça va, pire c'est, figure-toi !

– Ah bon ?

– T'as pas idée. Si ça continue, ça va finir par une guerre mondiale…"

Cette conversation n'est qu'un exemple. Le thème peut porter sur les derniers attentats terroristes, le réchauffement climatique, la crise économique passée, présente ou à venir.

Je conseille alors à cette personne de décrocher des informations et de remplacer ce "dépresseur" par ces antidépresseurs que sont les activités créatives ou ludiques.

Ce qui me vaut ce type de réponse : "Ah ! mais faut bien s'informer, quand même !" ou bien "On peut pas vivre coupé du monde…" ou encore "C'est important de savoir ce qui se passe."

Je demande alors à mon interlocuteur si ce "savoir" débouche sur une action de sa part, sous forme de bénévolat, militantisme, soutien à une ONG ou un mouvement écologiste, lutte contre la faim, aide aux déshérités, action politique concrète.

Cette remarque, véritable coup bas, met généralement fin au débat et la personne s'empresse de changer de sujet.

Cela dit, je peux comprendre son point de vue. Le danger hypnotise. Quand il y a un accident sur la route, la circulation ralentit, car les conducteurs ne peuvent s'empêcher de regarder.

On pourrait aussi dire que se trouver à proximité d'un danger potentiel et regarder ailleurs en sifflotant, c'est pratiquer la politique de l'autruche. Maintenant, s'attrouper avec les badauds pour observer un piéton renversé, une personne ayant fait un malaise ou un immeuble en flammes, si ce n'est pas pour apporter son aide, à quoi ça sert ? Et qu'en est-il de contempler toute la misère du monde, jour après jour, au flash de 20 heures, sans rien faire pour la soulager ?

mercredi 1 juillet 2015

Les lettres de 1929 – Juillet à Décembre, d'HP Lovecraft

Paysage en feu après le passage d'un Grand Ancien

Un collègue écrivain m'a écrit pour me demander si c'était bien moi qui avais traduit Les Lettres de 1929 – Juillet à Décembre, d'Howard Phillips Lovecraft.

Je plaide coupable.

Cet auteur, Jean-Sébastien Guillermou, a d'ailleurs rédigé une critique du livre qui m'a surpris par sa pertinence.

Si je devais ne retenir qu'un seul passage de cette correspondance du maître de l'horreur, ce serait celui-ci :
Qu’est-ce que ça peut bien nous faire de savoir quoi que ce soit sur quoi que ce soit, aussi longtemps que nous puissions nous divertir. Si nous pouvons le faire avec joie, nous pouvons aussi bien croire au Père Noël, en Dieu, à la lune faite de fromage frais, aux fées, aux sorcières, aux forces du bien et du mal, aux licornes, aux fantômes, à l’immortalité, aux Mille et Une Nuits, à la terre plate, etc., que d’apprendre la vérité sur l’univers et ses flux et modèles d’énergie éternels qui se font et se défont tour à tour. La vérité ne devient seulement importante que lorsqu’elle est nécessaire pour faire régner notre satisfaction émotionnelle. La satisfaction émotionnelle est la chose qui prime tout le reste ; et la meilleure des personnes est celle qui peut créer la chose qui apporte le plus de satisfaction émotionnelle, qu’elle ait ou non un quelconque rapport avec la vérité ou les prophéties. Dans l’ensemble, je pense que la beauté est plus souvent agréable que la vérité ; si bien que le poète et l’artiste sont vraiment placés au-dessus des scientifiques et des philosophes, d’une façon ou d’une autre, dans une culture saine et raffinée.

Lettres de 1929 – Juillet à Décembre, Howard Phillips Lovecraft
Pour ma part, je crois au Père Noël, en Dieu, à la lune faite de fromage frais, aux fées, aux sorcières, aux forces du bien et du mal, aux licornes, aux fantômes, à l’immortalité, aux Mille et Une Nuits, à la terre plate, aux monstres sous le lit et à ceux dans le placard, aux esprits de l'air, du feu, de l'eau et de la terre, aux anges et aux démons et à bien plus encore…

Pire que cela, je crois que c'est le fait d'y croire qui les fait exister, et qu'il ne faudrait rien de plus qu'une horde de crédules dans mon genre afin de ramener tous ces êtres à la vie, pour notre plus grande satisfaction émotionnelle.

Paradoxalement, HP Lovecraft, en dépit de cette citation qui ressemble à une profession de foi, ne croyait nullement en ces choses et sa vision d'un univers essentiellement matériel, froid, impitoyable, inhumain, le hantait.

Les lettres de 1929 – Juillet à Décembre, existent en format papier au éditions Lyre Press

http://www.lyre-audio.com/catalogue-lyre-press-la-collection-de-livres-papiers-comme-on-ne-les-a-jamais-publies1


Et au format livre audio (MP3 et PDF) chez Lyre Audio

http://www.lyre-audio.com/lettres-de-juillet-a-decembre-1929-de-howard-phillips-lovecraft-livre-audio-en-texte-integral-lu-par-xavier-beja-1-cd-mp3-4h20-ebook-500-pages-parution-le-20-avril-2009