vendredi 18 septembre 2015

Plus rasoir qu'Ockam, tu meurs !

Tête de mule avec œillères

Je viens de lire 22/11/63, de Stephen King.

22 novembre 1963 est la date de l'assassinat de John Fitzerald Kennedy, alias JFK.

Ce livre relate le voyage temporel du héros jusqu'en 1958, trois ans avant la mort tragique du 35e président des États-Unis.

Le maître de l'horreur nous offre une aventure palpitante, pleine de suspens, tandis que l'intrigue aux multiples rebondissements nous fait plonger au cœur des années 60 avec un réalisme saisissant.

Par contre, j'ai été déçu par la postface dans laquelle l'auteur se livre à une analyse des évènements historiques, un survol bâclé en huit pages ponctué d'un jugement péremptoire.

Dans le débat qui oppose les partisans du complot et les adeptes de la version officielle, Stephen King est catégorique :
"Mailer a aussi écrit un bouquin remarquable [Oswald, un mystère américain, par Norman Mailer]. Il dit qu'il a démarré son projet (qui comprend des entretiens approfondis avec des Russes qui ont connu Lee et Marina à Minsk) avec la conviction qu'Oswald était victime d'un complot mais qu'au bout du compte, il a fini par se rallier – à contrecœur – aux conclusions pataudes de cette brave commission Warren, à savoir : Oswald, tireur solitaire.

Il est extrêmement difficile pour quelqu'un de raisonnable de croire le contraire. Rappelez-vous le rasoir d'Occam : l'explication la plus simple est généralement la bonne."
Cependant, concernant le témoignage de Marina Oswald, la femme de Lee Harvey Oswald :
"J'attribue personnellement peu de foi à ses dires…"
King n'accorde pas plus de crédit à l'ultime déclaration d'Oswald : "Je suis un bouc émissaire."

Quoi qu'en dise l'auteur du roman, rejeter a priori le point de vue d'Oswald et de sa femme va à l'encontre du rasoir d'Ockham. L'explication la plus simple ne serait-elle pas d'accorder foi aux affirmations des deux témoins clefs de l'affaire ?