vendredi 8 juillet 2016

Faut pas falloir


En relisant les deux derniers articles, une évidence m'a percuté comme un quinze tonnes sur un tronçon d'autoroute sans radar.

Il y avait là, tout au long de ces billets à rallonge, un ton moralisateur, la morgue insupportable d'un donneur de leçons, entre coup de gueule ronchonnant et sermon donné du haut de sa montagne de suffisance.

Moraliste ! m'écriai-je intérieurement, en pointant un doigt accusateur vers le coupable, celui qui regardait le doigt d'un air honteux.

"Faut pas être moraliste, c'est MAL !

– Pourquoi c'est mal, d'être moraliste ?

– Euh, d'abord, on dit pas "c'est mal", ça fait moraliste.

– Et c'est pas bien, d'être moraliste ?

– Non, enfin… euh, c'est pas que c'est pas bien, mais c'est… gonflant. Voilà, c'est ça qu'on dit.

– Et c'est mal, d'être gonflant ?

– Bah, oui ! Enfin, non, mais faut pas, c'est tout.

– Et c'est bien de pas falloir ?

– C'est pas fini de jouer sur les mots, non ?!"

Moralité, puisqu''il faut bien une morale à cette histoire, toute critique, toute argumentation, toute remise en cause, toute interdiction EST, qu'on le veuille ou non, moraliste.

La seule chose qui change, c'est la règle ou le principe qu'on défend.

Et la morale de l'un sera l'immoralité de l'autre. Et vice versa.

Donc, celui qui dit qu'il faut faire ci ou ça, ou pas faire ci et pas faire ça, eh bien, c'est un moraliste.

Et il a tort de faire la morale aux autres.

Et c'est mal d'avoir tort.

J'ai pas raison ?

lundi 4 juillet 2016

La guerre sainte de la science


Le tableau ci-dessus représente Galilée essayant d'expliquer ses théories à un public sceptique.

L'étroitesse d'esprit, de façon paradoxale, tend à élire domicile là où elle dispose de plus d'espace pour y prendre ses aises. Dans les bâtiments officiels, ayant pignon sur rue.

Quoi qu'en pensent ceux qui, nourrissant des rancunes d'un autre temps, ont toujours des comptes à régler avec l'Église catholique romaine, celle-ci n'est plus, tant s'en faut, le temple de la pensée unique.

L'intolérance est veule. Elle se range toujours du côté du plus fort : celui de la majorité. Si vous voulez savoir où elle prolifère, cherchez là où il y a foule. Il faut un troupeau pour que résonne une clameur.

Les églises, désertées par la foi au profit du tourisme, ces mêmes églises que Laurent Joffrin voulait "céder à l'islam, en guise de fraternité" (Libération, 9 juillet 2015) n'ont plus la faveur des rois présidents français. Lesquels sont, paraît-il, laïques.

Quant à la science, elle ne se contente pas d'être laïque, elle est le rouleau compresseur qui aplanit la terre sur la tombe de Dieu, puisqu'aux dires du philosophe allemand Friedrich Nietzsche : "Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué !"

Si Nietzsche avait lu les Évangiles, il y aurait réfléchi à deux fois, avant de crier victoire, car il aurait su que tuer Dieu n'était pas suffisant, encore fallait-il l'empêcher de ressusciter.

vendredi 1 juillet 2016

Tout le monde doit mourir… ou pas


Valar morghulis, "Tout le monde doit mourir", est la devise des assassins "Sans-visage", dans la saga livresque Le Trône de fer, de George RR Martin, devenue la série télévisée Game of Thrones (Le jeu des trônes).

Il y a quelques années, je lisais Le Trône de fer.

C'était bien avant que le grand public du petit écran s'y intéresse. À cette époque, la fantasy était encore considérée par beaucoup comme un genre littéraire mineur, réservé au geeks, aux enfants ou à ces "adultes" ayant  conservé une âme d'enfant. D'aucuns diraient "immatures".

Quoique… avec le Trône de fer, on s'éloignait beaucoup du monde merveilleux de l'enfance pour naviguer dans celui, plus sombre, plus brutal, plus effrayant, des adultes.

Trahisons et meurtres à foison, tortures, viols, inceste… George RR Martin menait sa barque de l'enfer sur un flot de sang et de souffrance.

Si le message du Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien était l'espoir, l'auteur du Trône de fer s'acharnait à me prouver que je devais y renoncer peu à peu, mort après mort de mes personnages préférés.